Le processus d’innovation appliqué à ma méthode de recherche
- Claudia Loutfi

- 11 déc. 2025
- 3 min de lecture
Sûrement à cause du syndrome de l’imposteur et de quelques mécanismes de protection 💁♀️ j’ai, au fil des années, trouvé une façon de travailler qui me convient : un mélange de curiosité, d'acharnement et de flexibilité. Ça me permet d’explorer un sujet sans me fermer aux différentes perspectives. Je vous partage cette méthode que je peaufine depuis le cégep et qui a récemment évolué avec l’arrivée de l’IA !
Étape 1 : Clarifier l’hypothèse
Avant de me lancer dans la recherche, je clarifie mon point de départ. Par exemple, pour un récent article, mon hypothèse était : il y a des risques significatifs au développement de l’IA (j’espère que vous appréciez l’ironie autant que moi 👌).
Ensuite, je liste les arguments que j’ai déjà entendus et qui m’amènent vers cette hypothèse:
Risque existentiel
Risque écologique
Risque démocratique
Risque social
Étape 2 : Collecter et structurer les sources
J’importe tous mes contenus (articles, podcasts, vidéos) dans NotebookLM. Je demande ensuite à l’outil de créer une trame structurée autour de mon hypothèse, en regroupant :
Les faits
Les arguments pour et contre
Les pistes d’action ou solutions en exploration
Ce que j’apprécie particulièrement dans NotebookLM, c’est qu’il affiche les sources de ses conclusions, ce qui rend la validation très rapide et me permet d’ajouter des citations directement dans ma structure ce qui facilite l'étape de la rédaction et de l'intégration des pied de page.
Étape 3 : Chercher des sources complémentaires
Avec Perplexity :
Je trouve des sources crédibles et fréquemment citées pour renforcer mes arguments.
Je cherche également des articles ou opinions qui contredisent mon hypothèse.
Cette étape m’aide à éviter le biais de confirmation et à enrichir ma trame de recherche.
Étape 4 : Enrichir et valider la trame
De retour dans NotebookLM, j’intègre ces nouvelles sources et je pose des questions pour affiner la trame :
Quels sont les arguments pour / contre cette hypothèse ?
Quels faits appuient ou contredisent cette idée ?
Avec ces informations, je nourris et parfois réévalue ma structure. À ce stade, j’ai une trame complète, avec arguments, sources et citations, mais je n’ai toujours pas écrit de texte.
Étape 5 : Rédaction
Je commence à rédiger seulement après avoir exploré et validé les informations détaillées dans la structure de mon texte. Pour moi, écrire n’a pas l'objectif de partager mon opinion, mais surtout de tisser des liens entre les éléments de preuves (arguments, citations et sources) que j’ai rassemblés. Le premier jet sert surtout à poser ces éléments sur papier, puis je retravaille la fluidité des phrases, parfois avec un coup de main de ChatGPT.
J’écris tard dans le processus, parce que commencer trop tôt reviendrait à mettre la conclusion avant les tests. Cette façon de faire m’aide à adopter naturellement des postures d’innovation : curiosité, humilité, ouverture. Mon but n’est pas de prouver mon hypothèse, mais de la tester, ce qui me permet de garder un regard nuancé sur le sujet.
Étape 6 : Validation finale
Enfin, si nécessaire, je passe le texte à Gemini pour :
Détecter des angles morts
Identifier des erreurs factuelles
Puis je vérifie ses suggestions et retouche le texte au besoin.
Cette méthode peut sembler fastidieuse, mais pour moi, elle est essentielle, surtout à l’ère de la désinformation et de la pseudoscience. Avec l’accès facile à l’information, viennent la démocratisation des savoirs, mais aussi la multiplication des « experts » autodidactes. Sans jugement : je n’ai personnellement pas eu le goût, la patience ou la force d’esprit de faire des études supérieurs.
Même si ce processus est mené par une conviction personnelle, je précise je ne cherche pas la réponse ultime. Mon objectif est d’avoir assez d’informations pour prendre des décisions éclairées, plutôt que de me fier uniquement à mon intuition, qui peut être biaisée.
Cette approche me permet d’explorer un sujet en profondeur, de rester ouverte aux informations contradictoires et d’adopter des postures d’innovation naturelles : curiosité, humilité et flexibilité. C’est une pratique personnelle qui me permet d'agir avec confiance sans chercher la perfection.
